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Derniers commentaires

  • L’Europe est un projet de dénationalisation et tant mieux !

    Hier 12:21, par Ferghane Azihari

    Dans la mesure où la nation moderne est une invention du nationalisme qui, lui, est un courant politique du 19ème siècle, je vois mal comment on peut raisonnablement évoquer des éléments issus de la période médiévale :)

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Hier 12:20, par Ferghane Azihari

    @Alexandra

    Justement, il faut mettre fin à la notion de « citoyenneté nationale ».

    Tu habites à Strasbourg mais si tu votes encore aux élections locales de ta ville/région d’origine, c’est bien parce que ta résidence officielle (aux yeux de l’administration) reste située dans ta ville d’origine, non ?

    Tu as parfaitement raison de souligner que le Français qui vit à l’étranger est susceptible de voir la loi française s’appliquer. Mais cela me semble répréhensible. Car en appliquant la loi en fonction de l’identité nationale (alors qu’elle ne devrait s’attacher qu’au principe de territorialité), on développe une conception intrusive du politique selon laquelle l’individu n’aurait plus le choix des règles qui devraient (ou non) s’appliquer à lui, ce qui implique la négation du choix de son affiliation à une communauté politique particulière. Dans ce cas de figure, la communauté politique n’a plus de dimension contractuelle. Elle s’impose à l’individu. Et ce n’est pas très respectueux de sa liberté.

    Certes, on pourra me rétorquer qu’il est toujours possible de changer de nationalité. Cependant, ce n’est pas aussi simple que ça (la rigidité de ce processus est incomparable avec la simple possibilité de faire jouer la libre-circulation pour choisir de se soumettre à un ordre juridique particulier). Et enfin, le contrat social ne devrait pas faire appel à de considérations identitaires. C’est un acte rationnel avant toute chose.

    Ensuite, avoir des attaches sentimentales vis-à-vis d’une localité est-il suffisant pour décider du destin de celle-ci dès lors qu’on n’y réside pas ? Je suis sceptique vis-à-vis de cette conception de la citoyenneté. La démocratie ne sollicite pas des considérations sentimentales. Elle ne sollicite que la liberté individuelle. J’ai de la famille à Bordeaux mais je n’y vis pas. Au nom de quoi vais-je prendre des décisions à leur place ? Ne sont-ils pas capables de prendre en main leur destin de manière autonome ? Quand on sait que plus une démocratie est grande, moins l’individu a de poids dans la prise de décision (tu seras en effet toujours plus influente au sein de ta famille que dans l’ensemble de la France), cela implique que l’individu qui participe à l’élaboration de règles qui lui sont inapplicables ne fait que diluer le poids électoral de ceux qui subiront véritablement la règle. Cela me semble difficile à justifier.

  • Histoire et évolution de la communauté musulmane en Pologne

    Hier  11:54, par Art

    Je vous cite la dernière phrase de l’article : « Je dirais pour conclure que quiconque reste replié sur lui-même et sa culture est condamné quoi qu’il arrive à voir une invasion à sa porte. »

    Je suis navré mais cette phrase n’a absolument aucun sens. C’est à dire qu’il faut se laisser envahir pour ne pas être envahi ? C’est incompréhensible. La Pologne n’a pas la même Histoire que la France et n’est donc pas confrontée à une immigration de masse, faut-il pour autant sous-entendre qu’elle est dans un repli malsain comme vous le faites ? Les polonais n’ont effectivement pas le même état d’esprit qu’en France, ils ont pu garder une cohésion culturelle et historique ce qui n’est pas le cas de la France qui explose de toute part, se remet en question et s’auto-flagelle sans cesse sans jamais oser voir les vrais problèmes et d’où ils viennent. Comme si on pouvait accueillir le monde entier à l’infini parce que c’est être « ouvert ». Désolé mais les polonais ont encore une fierté et une unité que la France n’a plus... alors ne blâmez pas la Pologne pour ça... ne calquez pas vos idéaux illogiques sur la Pologne, car c’est une autre Histoire que la France, et espérons que la France a encore un avenir...

  • L’Europe est un projet de dénationalisation et tant mieux !

    Mercredi dernier  18:26, par Yves COLLIN

    Il est important de remettre quelque peu les pendules à l’heure dans des moments de perturbations idéologiques dommageables pour l’ensemble des citoyens existants.

    La notion de nation n’est en effet pas une invention d’Europe.

    Elle est par exemple réputée avoir pris naissance en France aux temps anciens de Philippe Auguste notamment à la bataille de Bouvines de 1214 connue comme victoire des troupes royales françaises contre Jean sans terre menant une coalition de certains seigneurs territoriaux avec le soutien du Saint Empire d’Otton IV.

    Celle-ci permet dès lors la prédominance politique de la Couronne sur ses vassaux.

    Cette forme de centralisation du pouvoir est une constante humaine et Ernest Renan n’a certainement pas tort lorsqu’il exprime sa vision d’avenir car le fonctionnement actuel de l’UE est proche en réalité de celui d’une confédération.

    C’est donc au contraire l’Etat Union par transfert de compétences qui voit le jour lors des premiers Traités ayant créé la Communauté.

    Ceux-ci aboutissent aujourd’hui au fédéralisme qui les avait primitivement promus comme solution économique et militaire pour la paix après les deux effroyables boucheries que furent les guerres mondiales initialement commencées par Napoléon III et Guillaume de Prusse en 1870 et où,après la défaite de Sedan,notre future République perd l’Alsace Lorraine (à l’époque Moselle).

    Ainsi la création de l’union en Europe est celle des Etats-membres.

    Ceci est précisément extrêmement différent,les législations nationales étant dès cet instant écartées au profit du droit communautaire qui s’applique de façon uniforme,autonome et directe dans le chef de chacun des Etats-membres.

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Mercredi dernier  11:37, par Alexandra Thomé

    @Ferghane Je vois ce que tu veux dire quand tu parles de détacher la citoyenneté de la nationalité, même si ça me parait difficile à réaliser dans le cadre d’une « citoyenneté nationale ». Par contre je ne suis pas d’accord quand tu parles de perte de légitimité à voter. J’habite à Strasbourg mais je continue de voter aux élections locales de ma ville/région d’origine, car j’y suis née et j’y ai grandi, je me sens donc concernée par les décisions qui y seront prises. C’est la même chose lorsqu’on réside à l’étranger. Quand je vivais en Angleterre je me sentais plus concernée par le « sort » de la France que par celui de l’Angleterre. Certes, le fait que je n’y était que pour 1 an y était sûrement pour quelque-chose mais je n’aurais pas accepté de ne pas pouvoir voter aux élections municipales qui ont eu lieu pendant mon « expatriation » sous prétexte que je ne résidais pas dans la ville au moment des élections. Ce n’est pas parce que l’on réside ailleurs que l’on n’a pas de légitimité à voter. En quoi le français de Berlin perd-il sa légitimité ? Les lois françaises lui sont toujours potentiellement applicables même s’il réside à l’étranger : je pense au droit pénal et au droit de la famille. Un juge étranger peut décider d’appliquer la loi française (et l’inverse est également possible). L’expatriation n’est pas un rejet de citoyenneté. Peut-être pourrait-on envisager, en ce qui concerne cette fois le droit de vote des « étrangers », un développement dans le cadre de la citoyenneté européenne qui conférerait à un résident citoyen de l’Union la possibilité de participer au processus démocratique de l’Etat membre de résidence. Il pourrait voter aux élections à l’échelon national de son Etat membre d’origine en tant que « citoyen national » et aux élections locales dans son Etat membre de résidence en tant que citoyen européen (sous conditions de résidence de longue durée évidement).

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Mardi dernier 10:53, par Ferghane Azihari

    @Alexandra

    Le problème réside à mon sens dans la confusion de la nationalité et de la citoyenneté. Si la démocratie est une forme de société dans laquelle les individus sont libres d’édicter les règles qu’ils s’appliquent, alors la citoyenneté (et le droit de vote qui va avec) doit être déconnectée de la nationalité pour être rationnellement fondée, c’est-à-dire octroyée en fonction de la résidence (de la domiciliation principale).

    De la même manière que l’ex-habitant de Paris qui s’installe à Bordeaux n’a plus aucune légitimité pour voter les décisions parisiennes (en échange de la possibilité de voter les décisions bordelaises), le Français de Berlin doit pouvoir voter les lois allemandes mais n’a aucune légitimité pour voter les lois françaises qui, de fait et de droit, ne s’appliqueront plus à lui.

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Lundi dernier  10:21, par Alexandra Thomé

    Les expatriés sont avant tout des citoyens et à ce titre il serait impensable de les priver du droit de vote simplement parce qu’ils résident dans un autre pays. C’est encore plus vrai au sein de l’Union Européenne où les citoyens peuvent librement circuler et résider dans un autre Etat membre que leur Etat d’origine que ce soit pour faire leurs études, travailler ou même rejoindre des membres de leur famille déjà installés ailleurs.

    La question du droit de vote des immigrés est très différente selon moi. Le droit de vote est associé (à tort ou à raison) à la citoyenneté. Reprenons votre argument selon lequel les immigrés sont concernés par la politique menée dans leur pays de résidence - pourquoi pas, mais dans ce cas et je grossis le trait volontairement, même les touristes de passage sur un territoire sont concernés par les lois du pays qu’ils visitent et il ne serait pas sérieux de leur accorder un droit de vote. La question est de savoir où placer la barre de légitimité entre des résidents de courte durée et des résidents de longue durée. Prenons l’exemple d’un ingénieur allemand, employé par une entreprise allemande qui est envoyé en Italie pour travailler sur un projet d’une durée de 10 ans. Il va résider en Italie et se conformer aux lois italiennes pendant des années. Peut-on lui accorder un droit de vote en sachant qu’à la fin du projet, il pourra retourner en Allemagne ? La question n’est pas simple et à mon sens, accorder le droit de vote aux seuls citoyens n’a rien d’antidémocratique puisqu’un immigré conserve son droit de vote dans son pays d’origine, et rien ne l’empêche de briguer la nationalité de son pays de résidence.

  • Union eurasiatique : intégration économique ou deuxième guerre froide ?

    Dimanche dernier  13:13, par Guillaume Bucherer

    Merci pour cet intéressant article.

    Ce que je comprends, c’est que le modèle européen tant fustigé en Russie inspire en réalité son dirigeant dans sa structure institutionnelle. La vraie différence vient du déséquilibre géographique et économique entre la Russie d’une part et les autres pays membres d’autre part.

    N’oublions pas que la majeure partie de la vie de Poutine s’est faite sous l’URSS, et dans son cas, pour l’URSS (colonel du KGB, il ne fallait pas être étouffé par l’humanisme). L’objectif, même symbolique, de reconstituer une zone d’influence à défaut d’une domination semble limpide.

    Enfin, je pense qu’une grande erreur de la Russie c’est la façon dont elle s’oppose elle-même à l’Occident. C’est très bien dit dans la phrase « Dans la mesure où elle voit tout gain pour l’Occident comme une perte pour elle-même, la Russie... ». Si la Russie se voyait comme partie intégrante de l’Occident (ce qu’en réalité elle est bien), l’imaginaire lié à ce faux conflit Occident-Russie" prendrait fin.

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Samedi dernier 16:37, par Hervé Moritz

    Je suis d’accord sur la question des immigrés. Mais les expatriés ont le droit de vote et c’est essentiel, les mesures qui sont adoptées dans le pays les concernent tout autant que les ressortissants sur place (pour le développement de leur entreprise, pour leurs études à l’étranger, pour la politique générale de la Roumanie en interne et à l’étranger, pour leur famille restée dans le pays, etc.).

  • Elections présidentielles en Roumanie : le peuple plus fort que les manœuvres antidémocratiques

    Samedi dernier  08:55, par Alain

    Il faudrait quand même se poser la question si - dans tous les pays - il est démocratique que les expatriés votent et non les immigrés. Après tous les lois et taxes votées par les exécutifs s’appliquent aux résidents uniquement, donc aux immigrés mais pas aux expatriés. Que des gens puissent voter pour une politique qui ne s’appliquera pas à eux tandis que d’autres n’ont pas le droit de voter pour la même politique qu’ils subiront m’interpelle

  • Réforme Delrio : L’Italie parvient à une réorganisation de son territoire

    20 novembre 2014  22:31, par Guillaume Bucherer

    Merci pour cet article clair.

    En effet, j’espère que l’exemple montrera à la France la nécessité de supprimer le département.

    J’ai plus de mal avec la réforme sénatoriale : outre le fait que le Sénat romain soit une institution chargée d’histoire et représentant le symbole-même du pouvoir, la fin du bicamérisme n’est pas toujours gage de stabilité.

    Dans les pays démocratique, une certaine sécurité juridique est permise par le régime bicaméral. J’espère que cela ne déstabilisera pas la démocratie italienne.

    Dans tous les cas, cette réforme est la preuve du courage politique de M. Renzi, mais aussi l’illustration de la maxime de « qui veut peut ».

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    19 novembre 2014  18:53, par tnemessiacne

    @ Guillaume Bucherer

    « Bien sur que l’Europe est un empire. »

    Il me semble qu’un Empire est quelque chose de très puissant, les Etats-unis en sont un, au niveau médiatique, ils ont des forces militaires importantes, et une culture... Il faut l’Europe politique, médiatique et culturelle.

    Sinon j’ai bien aimé le passage sur le droit romain et les barbares. En Histoire on peut lire qu’il y a eu un syncrétisme romano-barbare mais à savoir quel héritage juridique barbare..., il est nécessaire d’ouvrir un livre.

  • L’intégration de l’Albanie dans l’Union européenne : de la candidature contestée à une démarche conquérante

    19 novembre 2014  15:03, par zelectron

    Et si l’Albanie reconnaissait l’invasion subreptice du Kosovo ?

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014  23:11, par Guillaume Bucherer

    Chers amis, chers amis,

    Avant toute méprise : je suis bien fédéraliste. :)

    Ensuite, un sentiment national n’est pas un nationalisme, auquel je m’oppose radicalement pour toutes les raisons qu’on connaît. Je dis simplement : attention lorsqu’on parle de nations. On touche quelque chose d’extrêmement sensible. Quand nous bâtissons l’UE, nous jouons avec le feu. Soyons prudents, c’est le gage d’une construction solide et durable : je pense qu’inciter à déconstruire les nations pour bâtir l’UE, c’est sûrement vrai sur le long terme (100/200 ans), mais c’est risquer maintenant de s’aliéner l’adhésion populaire, qui, parce que nous sommes démocrates, est indispensable à la légitimité d’un tel projet.

    Sur les anarchronismes des nations, les Etats-nations sont relativement récents, c’est un fait que je reconnais volontiers. Mais les noms des nations, des peuples (les Bavarois existaient avant Charlemagne !), se perdent dans la nuit des temps. Or ils sont constitutif du sentiment national, qui est légitime.

    N’ayons pas peur des nations pour construire l’Union. La peur européenne des nations, c’est le même sentiment que la peur nationale de l’Europe. Or nous sommes entre gentlemen. La peur est un sentiment que nous ne connaissons pas ;)

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014  23:00, par Chamaillé Thomas

    M. Azihari, je crois que vous confondez plusieurs choses. Si l’idée nationale s’institutionnalise au XIXe en Europe de l’Ouest et se renforce, en particulier en France, par le biais de l’éducation élargie à une grande partie de la population, bref, que ses contours sont reconstruits (adjonction des Gaulois) et renforcés, l’idée nationale remonte à bien plus loin (XIVe environ ; cf. les travaux de Jacques le Goff).

    On pourrait d’ailleurs préciser que c’est le cas également pour les « européens », terme qu’on retrouve à la même période. Or l’Europe n’est pas l’Union européenne et les Européens ne sont pas ces « citoyens » d’une union qui s’est construite sur les Etats-Nation (en reniant ce qu’ils avaient eux-mêmes accepté et qui les a rassemblé à l’époque : l’humanisme.)

    Rien est éternel en ce bas monde mais vouloir nier les nations est dangereux pour le rapprochement des peuples européens (qui y sont attachés, bien plus qu’au patriotisme constitutionnel, fort abstrait, d’Habermas) mais c’est aussi prendre le risque de voir le besoin identitaire se reconstituer autour d’autres structures qui pourraient menacer les valeurs soi-disant rationnelles que vous défendez.

    A vous lire.

    Cordialement

  • Pour que l’Europe investisse l’Ecole

    18 novembre 2014  20:26, par Jean-Luc Lefèvre

    @ Ferghane

    La récurrence de votre argument m’intrigue. Sous prétexte que les états- nations se sont construits sur l’hémoglobine de la valetaille, et ainsi construit une « identité meurtrière », tous quels qu’ils soient,, vous refusez à l’Union européenne le droit de s’ériger en une communauté de destin spirituel au sens large fondé sur une même appartenance culturelle.

    Mais dites - moi...Qui cette Union pourrait-elle opprimer et asservir ?

    A l’intérieur, personne en ses « régions » dès l’instant où elle se veut et est démocratique.

    A l’extérieur, qui ? Nous n’avons pas en Europe la prétention de dominer le monde, comme l’ont fait les états - nations que vous et moi dénonçons, et moins encore les moyens, ni linguistiques ( comme nos Etats en leurs états), ni militaires ( malgré de Gaulle), ni économiques.

    Pourquoi et de qui, Ferghane, avez-vous peur à ce point pour faire d’une Europe culturelle un repoussoir absolu ???

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014 19:48, par Ferghane Azihari

    Il est vrai que j’aurais du souligner plus tôt les nombreux anachronismes et autres inexactitudes sur des nations qui selon l’article aurait une dimension millénaire alors qu’elles n’ont que deux siècles. Mais là aussi, le nationalisme a toujours eu le don de prétendre à une soi-disante ancienneté :)

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014  15:03, par Guillaume Bucherer

    Les nations en tant que telles n’ont pas toujours existé, c’est vrai. Mais les peuples qui les composent ont toujours eu une dimension identitaire. Il n’est donc ni illogique ni hors de propos que de se pencher sur une telle question pour la construction de l’UE.

    Nous ne faisons, avec l’UE, que bâtir politiquement des institutions rassemblant les nations appartenant à une même civilisation. Qu’y a-t-il de plus grand comme projet politique ? A mon avis, pas grand-chose. Nous rassemblons ici ce qui est épars. La civilisation européenne préexiste aux nations qui la composent. C’est l’Europe institutionnelle que nous bâtissons, pas l’Europe tout court. Il me semble que déconnecter la construction politico-institutionnelle de la civilisation qui la sous-tend (et donc par ricochet, des nations), c’est prendre le risque de signer le divorce entre l’Europe et ses citoyens.

    Et justement, je fais appel à Rome parce que l’édit de Caracalla permet à tous les habitants de l’Empire d’être citoyens romains, et que les peuples fédérés (dans l’Empire tardif) sont toujours rattachés au monde romain par l’intermédiaire des rois qui utilisent l’administration et le droit romain pour leur peuple, qui lui se trouve parfois au-delà du limes.

    Bien sûr que l’Union européenne est un empire. Elle a une politique de voisinage, elle a une souveraineté différée suivant qu’on appartienne ou non à l’UE (accord d’association, statut candidat, utilisation de l’Euro en dehors de l’Eurozone...). La vraie différence tient à ce que l’élargissement se fait de manière volontaire et pacifique (pas toujours, visiblement : cf Ukraine) par les nations qui souhaitent y être associées. Preuve de la vraie victoire du smart power européen.

    Qu’on ne s’y trompe pas : ce smart power n’est efficace qu’avec le gage absolu de paix et donc de sécurité (hard power), le gage indispensable de prospérité, et le gage que les identités (des nations) et les valeurs (de l’UE) soient respectées de part et d’autre. C’est cela, le vrai contrat.

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014  14:04, par Fabien

    Les nations n’ont pas toujours existé, contrairement à ce qui est dit ici. Et pour info, à Rome, il y avait des citoyens de première classe et les autres qui n’avaient pas les mêmes droits. Ce que nous faisons avec l’Europe est beaucoup mieux, non ? Les nations n’ont pas de vocation éternelle, pas plus que les Etats, empires ou autres.

  • Détruire les nations, c’est annihiler l’Union

    18 novembre 2014 12:51, par Ferghane Azihari

    L’UE est n’est qu’une organisation internationale composée d’Etats souverains. Indépendamment de l’article 50 (qui est parfaitement clair), n’importe quel Etat peut se défaire de ses traités et quitter une organisation internationale comme bon lui semble.

    Concernant les référendums, là aussi, ce sont les Etats qui ont ratifié le traité, l’UE n’a pas le pouvoir de faire avaler des traités aux Etats qui n’en veulent pas. Si vous contestez la légitimité de la démocratie représentative à l’échelle nationale, c’est une autre affaire.

    Le fait est que l’UE a une nature beaucoup plus contractuelle que l’Etat français. En ce sens, parce que la révocabilité de l’autorité européenne est beaucoup plus aisée que celle de l’Etat français, la première est structurellement plus démocratique que la seconde.

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